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Les démarches qualité & collectives

Partons à la rencontre de...

Comment êtes-vous devenue saunière ?  

 Géographe diplômée de La Rochelle et originaire d’Ars en Ré, j’ai orienté mon mémoire de maîtrise vers l’étude des marais salants au Portugal, me rappelant les paysages de mon enfance. Après ma soutenance, j'ai aidé les producteurs de sel à remonter leur coopérative là-bas, mais le projet a finalement échoué. Déterminée, j’ai suivi une formation de paludier/saunier en Loire-Atlantique pour acquérir une légitimité technique. Lors du stage pratique, j’ai vécu un moment déterminant : la découverte de la récolte du sel, qui a confirmé ma vocation profonde pour ce métier. Il m'a cependant fallu du temps pour oser affirmer mon ambition de m'installer seule comme cheffe d'exploitation. Dans un milieu traditionnellement masculin où les femmes étaient souvent conjointes-collaboratrices, cette transition semblait délicate. Finalement, les conseils rassurants d’un ancien m'ont convaincu que la maîtrise de ce savoir-faire précieux était accessible à tous, validant ainsi mon choix de vie et mon projet d'autonomie. 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus ?  

Ce qui me plaît le plus dans ce métier, c’est la diversité : les saisons, la lumière changeante, les oiseaux, l’esprit collectif de la coopérative. Travailler à l’aube et au crépuscule reste pour moi une expérience à part, et tout cela m’apporte équilibre et apaisement. 

Mon parcours est atypique : j’ai étudié la géographie un peu par hasard, sans vocation particulière au départ, même si mon goût pour l’écriture s’y retrouvait finalement. Enfant, le sel arrivait chez moi en sacs sans que je m’interroge sur son origine, et je ne m’imaginais pas du tout devenir saunière. 

Qu’est-ce qui est le plus difficile ?  

Les canicules actuelles me rappellent mon stage de 2003, que ma jeunesse rendait plus supportable. Aujourd’hui, ces épisodes de chaleur extrême m’épuisent davantage, et le dérèglement climatique m’inquiète. Notre métier permet heureusement de s’adapter en décalant les horaires, et notre coopérative gère ses stocks avec rigueur. Contrairement aux agriculteurs, les étés caniculaires nous offrent même une « double saison » propice au stockage. 

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